jeudi 8 octobre 2009
Des allées-venues des corps
Exemple: qu'en est-il de l'expression "tu me tues!" dans la jouissance sexuelle?
Si "tu me tues", pénétré(e), c'est que j'étais fermé (e). tu tues ma fermeture, mon non-désir.
Désirer l'autre, c'est du déjà ouvert.
On ne peut pénétrer-tuer puisque c'est du déjà là. on n'ouvre rien. C'est à même l'ouvert que corps-désir est déjà là. C'est à même l'ouvert qu'a lieu ce transport, cette traversée.
L'amour est le toucher de l'ouvert
Cf. Lacan:"seul l'amour permet à la jouissance de condescendre au désir"
Avec l'Ics on peut penser à une forme de "décapitation partielle" en amour
Mon corps objecte précisément par l'incision, l'entaille, le retranchement produit par l'autre à ma prétention à me prendre pour un être corps-sujet tout (se rappeler l'impossible du tout)
Je m'objecte mon corps
par psyché étendue qui s'échappa, m'échappe.
corps, je suis déjà là -déjà ouvert - déjà touché
contrarié, excédé d'être touché, je veux m'en défendre? Réaliser, c'est du déjà vécu (passé), ça a déjà eu lieu. Corps lieu.
l'objection touche à ce corps
ce trait
cette localisation
cet autre (lieu)
peut-on se représenter que, d'une façon ou d'une autre, nous sommes tjs débordés, dépassés, c'est de structure. Quelque chose est là toujours en extériorité à nous-mêmes: comme bord, limite, lieu, espacement, étranger.
avec le MIEN-corps (plus que "mon" corps qui m'échappe), je suis dans le monde de l'encontre (d'où contrariété) avant la rencontre.
Est-ce que je m'en rends compte?
Est-ce que J'en rends compte? du côté de raconter (pas de rendre des comptes)
La plus belle conquête pour l'homme du XXIe siècle?
sa possibilité de pouvoir vivre la venue de son "CORPS LIEU"
Jusqu'ici il n'y avait qu'exceptionnellement du corps. La culture ne consentait pas à la propriété du corps lieu. Trop d'idéologies.
Le temps du corps en nu - propriété comme espace - est arrivé. Temps précis de la localisation ou de la délocalisation (par les idéologies, tjs), au lieu de l'autre, c'est un gros chantier à ouvrir.
Si on a tué l'altérité (style Dieu est mort), corps nous la renvoie par 1 côté (au moins) toujours étranger ou étrange sur quelque chose d'autre (s).
Il y a de multiples pays - âges - lieux- avec "corps".
La question de la jouissance est alors en 1ère ligne, car on devient vite addict à soi comme symptôme (synthome - saint homme...)
Alors autisme ou artisme?
Il y a compétition- effraction entre les différents sens dans l'érogénèse (regard?oral?anal?phallique?voix?). Il y a le fantasme comme voile qui vient recouvrir le défaut de la jouissance pour nous pousser à faire "comme si" (de rien n'était). Il y a la toute puissance? etc...Rajouter des conceptions "sacré - coeur" ou"fascismo vitalo spiritualiste" qui viennent se plaquer sur l'horreur du corps et vous saurez que ce n'est pas gagné!
Il faut, face à ça, fermement tenir au corps-lieu. Travailler continuement cette question du déployer, de l'espacement. Travailler les différents modes de jouissance (oral, regard, voix etc...), en tirer les conséquences.
La clinique du toucher-parler, par sa complexité, nous prive d'une vision (prêt à porter). il faut accepter ce dessaisissement. Préférer au manque de vision globale, la "locale", celle de la localisation de jouissance (qui met au travail). Vision différée dans le champ de l'analyse.
Question: et le sexe?
Par l'impossible pénétration corps-pensée / pensée-corps. L'un n'est jms réductible à l'autre, malgré leurs frottements en allers-retours continus. Il subsiste tjs 1 écart irréductible. il y a du reste intouché-intouchable. Le sexe touche à cet intouché-intouchable, à ce reste exposé. "Corps-parole" est à la fois lieu, étendue, transport.
Dans le transport amoureux, il cherche intérieurement des passeurs (des véhicules) pour faciliter le lieu, les lieux de ce transport dans le corps.
Corps sexe n'est pas un - pas homme ou femme.
Dans les moments du "transport", corps est dans perte de contours, hallucinations, indistinction.
d'où corps indistinct distinct
exposé retranché
éclaté vidé
touchant à la fois à ses écarts, à sa limite.
Dans corps sexe parlé on est juste dans se toucher toi (pas soi), se toucher peau (pas soi). Joie - peine, juste jouir là - sans rien d'autre - vide - ça s'espace - ça s'expanse, s'expause. C'est consentir aux corps qui passent par consentement explosif, exaspéré, contrarié. (Irréductible: ça baisait dans les camps de la mort.
Cette pensée: corps sexué parlé acté dérange tous les discours (en particulier religieux), aucun ne tient. Corps sexe leur passe dessus. Renversement il les délocalise.
Solitude, seul horizon:
corps multiple
corps plusieurs
Ca demande de penser à corps horizon, désir - désert
toucher au corps pensé qui là:
ne médiatise pas
ne dialectise pas
ne sublime pas
Corps - acte avec réel de corps
Pensée - acte là, c'est compact
Là, ça ne transige pas
toucher à ça: singularité maximum
solitude, l'écarté (nouage RSI)
Soit une position radicalement opposée:
à la lâcheté morale
au corps pédophile
au corps chroniquement perdu dans l'autre
au corps hémorragique, triste
au corps vénal, acheté, hypocrite
au corps banalisé
symboliquement au corps "aspiré" qui ferme l'inconscient et se ferme (comme territoire)
Avoir un corps, voir corps, c'est précisément ne pas le saisir, ne pas l'enfermer d'une vision (cf. les
deux moines). C'est apprendre au regard à rester ouvert, en suspension - à s'espacer, spacieux - travailler avec transformisme partiel continu. Cesser toute recherche panoptique qui croirait saisir la totalité des aspects du corps dans un déssèchement technique de la pensée.
Voir corps s'est fragmenté, désarticulé, disjoint, échangeant continuement.
Nous travaillons contre l'érotisme monolithique de la sacralisation, fixation, de la médusation, de l'hypnose. C'est un érotisme qui témoigne du déni, de la haine des corps.
Ex: méduse arrête le trait
bloque l'émotion
paralyse l'extension, le souffle, le prolongement. C'est une masturbation de l'oeil aveugle.
Opposer à cette vision fixe, mortifère:
l'érotique d'une vision mobile ("gai savoir")
par touches mobiles, souples.
vision argentique (plutôt que numérique) qui donne du "grain"
touche qui sait voir au ralenti pour déployer à partir de l'intensité, l'importance du dit, extraire la
perle, le mot clef, en relief.
A d'autres moments se focaliser , arrêt sur image,ponctuation, pour faire résonner la saillie qui vient de se faire entendre. Ici , corps n'est pas tant dévoilement de mystère (s), mais mise à nu par le mot, l'image, le geste. Nous sommes plus du côté du visible. Le visible est consentement, complicité. Il y a consciemment à le voir, à l'entendre, pas tant que ça à interpréter, à déchiffrer, puisque on ne pénètre rien d'invisible.
Ce dépouillement est comparution, apparition. Il est la vision de l'autre. quant à ses projections, il est nu avec.
C'est ça consentir en corps et encore. Enfin être à l'aise, car je me laisse dire toutes les conneries que j'ai envie de dire, je "con - sens". Et comme mes conneries, mes ratages dits me transforment plus que mes grandes idées...
Pratique d'une vision locale qui se décontamine d'une tendance globalisante qui pousse à se délocaliser de son propre corps.
Cette vision localisante ne cherche pas à "faire le poids". Elle est une autre pesée toute en nuances, touches éphémères, fulgurantes.
Vision en aube, en clarté du corps à ses débuts. C'est un consentement complice dans corps à s'étendre (psyché), à s'ouvrir.
L'aube du corps soustrait à tous les sacrifices (de la métaphysique solaire), à tous les fantômes (de la métaphysique lunaire). Elle ouvre à des mondes et oriente à la fin d'une "certaine" métaphysique et philosophie.
Cette clinique de la venue, de la clarté, de l'aube pose la question du proche:
où est ton proche?
où est ton passeur?
où en es-tu de traversée?
Invitation à le sentir, le voir, le re-connaître.
Ca s'expose dans corps.
On l'a sous les yeux et souvent c'est non reconnu, non perçu, négligé ou jugé sans intérêt, dénié.
Peux-tu te laisser convoquer par "ton proche"?
Qu'as-tu dans le ventre? Angoisse terreur de l'autre, de l'étranger?
Prendre alors la mesure:
nous sommes la seule créature dérangée par notre corps.
Le répéter encore:
d'avance, nous sommes déjà touchés dans notre corps. S'en défendre, c'est créer un double fond:
- ego d'un côté
- corps de l'autre
C'est absurde, insensé, mais pratiqué, cette folie de vouloir faire taire le corps, taire dans le corps: les traces de luttes effectives, de conflits, de contradictions, de paradoxes, de contrastes, de paysages différents, de nuances.
La clinique de la clarté de l'aube des corps ne peut que laisser dire, que laisser s'exposer le plus possible sans s'interposer (par l'ego, les idéaux).
Le répéter encore:
que nous le voulions ou non
que nous résistions ou non,
"corps "se touchent, c'est déjà "venue"
"moi-je" arrive toujours après la bataille, autant se le représenter.
Dans une clinique native, il est aisé (?) de dire ce qui est proche, ce qui est mûr, ce qui pousse.
"corps" pèse en lui-même, par lui-même, comme le bébé dans le ventre de sa mère. Comme le bébé, il est descendu en lui-même. Sa loi de gravité propre l'a poussé jusqu'à ce point où il se confond (double) avec sa charge.
Pouvons-nous accoucher de la charge de notre chute (descendu du piédestal de l'idéal), dans notre pesée d'eau, d'os et de muscles? Accoucher en appui, ployés sur nos extrémités? Accoucher de notre chute, atterrir, être "corps", consentir d'être au monde, de ce monde?
Pas de rester "là-haut", dans la père - fiction dans son amour ou sa haine (refus "d'être corps"). Consentir à la défection, à la défécation, à l'appui définitif sur ce "manque-charge" sur terre.
Sur la question du corps-mort (février 2008)
Non pas la mort du corps, mais le mort qui paraît, le mort en corps, toucher au mort.
En psychanalyse nous savons, par la pratique que la mort d'un proche convoque souvent à entreprendre une psychanalyse. Ce qui fait commande n'est pas la mort en soi, mais le mort en corps qui pousse à l’étendue de nos corps plus (que) vivants.
Il faudrait pouvoir collecter et réciter un par un les corps (pas les noms au sens d'un mémorial), par leurs lieux, par leurs venues. Créer une topographie des lieux-corps d'où nous venons donnant lieu à la communauté de nos corps.
"voyages" dedans ces lieux connus - inconnus, certains - incertains, angoissants, douloureux, étrangers, joyeux. « Anatomie géographique affective »: étranger non pas comme autre, mais étranger comme lieu / pays / écartement / espacement - traversée, road movies. "Voir du pays", ce qu'on aime dans la rencontre.
Le mort comme symbole de pousse-au-voyage, à la pérégrination, au cheminement, à la traversée, à la connaissance bipède.
Les entrées et sorties du corps
en portes battantes ( et non gonds rouillés)
ses ici et là
ses dedans-dehors(« fort – da »)
ses va-et-vient
avale et crache
inspir et expir
écarte et ferme
proche et lointain
ouverture et retrait
les allers-retours du touché / parlé
pas de contact sans écart
"corps" ne se la joue-t-il pas impénétrable aux langues, se voulant langue lui-même?
Réaliser l’espacement:
je ne peux pas parler d’où vous écoutez (votre lieu), ni vous écouter d’où je parle (c’est mon lieu)
Ecartement des lieux. Il est là l’impénétrable, l’impossible de la rencontre (toute)dans les corps. D'où les mal dits, les malentendus obligatoires dans la langue. C’est crispant, exaspérant, mais l’équivoque fait aussi richesse de langue dans la communauté des corps étrangers.
Pourquoi situer le toucher-parler dans le champ de la psychanalyse, si ce n'est que c'est le seul champ pratique qui mette en question, en profondeur, notre rapport à la jouissance dans son intrication corps, Ics, parole?
Ici le corps s'expose. Corps exposé, exposant. C'est un travail de déconstruction qui passe par la mise en valeur du fantasme, par la déconcentration, démassification de la jouissance "toute" en rapport avec "les objets a" (par ex, quel est mon rapport au regard, à la voix, à l'écoute?)
Dans notre culture on essaie par "le jouir toujours plus" de mettre l'objet de consommation en place de l'objet cause du désir. Par la répétition de sa consommation l'objet convoité - désiré doit être en place de cause pour que je fasse l'effort de l'obtenir et par le jouir tjs plus, très vite il doit se périmer (détumescence) à mon désir, pour que j'en vise un autre avec lequel je jouirais plus et mieux. C'est de structure fantasmatique -avec sa conséquence dans le réel de déplacer le temps de jouissance dans le futur- . Non seulement on se retrouve à vouloir prendre des vessies pour des lanternes, mais on nous kidnappe le temps, notre rapport au présent. Ca questionne notre capacité à ruser avec le"jouir toujours plus".
Cette idéologie a un côté automatique, pensée magique modélisée, à effets bouchants, suturants, banalisants jusqu'au gavage de jouissance.
Savons-nous couper, tailler dedans, déconstruire, aérer, espacer en transformisme continu? Savons-nous "border" avec la jouissance? Nous tenir sur ses bords?
MARS 2008:
Savons-nous différencier la « folie psychiatrique » (manie, mélancolie, suicide etc...) de la « folie » corps? Si corps me tient "lieu","crise" est dissociée de "morbide ". C'est la "crise "du lieu - toujours écarté à lui-même- qui pose cette question: comment toucher, vibrer aux corps des mots, en dissipant l’incorporel qui s'y loge pour les faire mots ?
Sur la question: "Dieu est mort ?"
S'il est mort, réaliser que s'il n'y a plus d'institutions (des "corps" aussi) idéologiques apparentes, ce corps idéologique (par surmoi, idéal du moi par ex), nous l'avons d'autant plus en charge. il n'a pas disparu comme par magie.
Nous l’avons en charge d’espacement (spatial). Dieu est d'autant plus "notre"? corps absolument. Il a disparu dedans. C'est en quelque sorte le symptôme moderne dont nous pouvons souffrir dans nos conflits somato-psychiques.
Soit « la levée du corps " Soit le « levé » du corps :
Mortification sa poussée, son réveil
Exécration sa venue, son aube
Médusation son re dressé, sa clarté
Fixité
La "folie" de corps interroge non pas les dieux mais les lieux-tenants de ce corps.
Penser le « se faire corps » passe par vivre l’absolu en corps (pas du côté du signifiant qui peut dissoudre le corps lui-même)
Les lieux du corps évoquent par ex les sociétés premières aborigènes, africaines qui peuvent vivre leurs dieux dans les rochers et les divers reliefs géographiques de la nature et représenter leur corps (par exemple dans des scarifications), comme lieu de représentation géographique , soit "l'esprit" du lieu
Ex des scarifications yomba dans le dos à hauteur des omoplates ou de la colonne représentent l'axe du monde d’où va partir un bras Ouest, un bras Est , à la naissance du monde. Ici les scarifications portent le souffle du récit des lieux de naissance de leur culture à même le corps, limon de leur terre
corps et ici lieu culturel, lieu du récit, lieu à la fois d'initiation, de transfiguration, de création. Soit corps pluralisé, localisé, épiphanique, corps de "naissant" (venue, présence, densité).
Il ne semble pas possible de réduire ici corps scarifié à un corps image qui "montre", désigne, à la manière d'un écran. Il expose plus la venue en présence. Avec la livre de chair, il paie de sa personne dans cette vision. Il fait corps avec, corps glorieux là (glorification -scarification). L'esprit du mythe souffle en corps, localisé.
Le toucher parler peut viser ce type de présence, d'inscription du souffle du récit de qui rythme les corps naissants - mourants.
Dans "ouverture-fermeture", on guette une forme de fulgurance localisée forcément locale. Venue forcément éphémère.
Ex dans les mots, une patiente:"je me demande si je serai jamais légère". Ca y est, c'est dit! "légère là maintenant à localiser. Ca a lieu à l'instant dit. C'est inter - dit
Problème du corps glorieux de l'instant saisi ou non, conscient ou non (touché - parlé? / parlé et touché?)
On vise ce type de fulgurance forcément locale.
Transcription de dadaol
mardi 6 octobre 2009
lundi 28 septembre 2009
Ordre du Jour
Tenir l'âme en état de marche
Tenir le contingent à distance
Tenir l'âme au-dessus de la mêlée
Tenir Dieu pour une idée comme une autre
un support, une éventualité,
une contrée sauvage de l'univers poétique
Tenir les promesses de son enfance
Tenir tête à l'adversité
Ne pas épargner l'adversaire
Tenir parole ouverte
Tenir la dragée haute à ses faiblesses
Ne pas se laisser emporter par le courant
Tenir son rang dans le rang de ceux qui sont décidés
à tenir l'homme en position estimable
Ne pas se laisser séduire par la facilité
sous le prétexte que les pires
se haussent commodément au plus haut niveau
et que les meilleurs ont peine à tenir la route
Etre digne du privilège d'être
sous la forme la plus réussie: l'homme.
Ou mieux encore, la femme.
Jean-Pierre Rosnay.
vendredi 25 septembre 2009
"Personne"
Texte par Gérard Lucas
(atelier du 12 septembre 2009).
Jouer avec le mot Personne
(Hommage à Novarina et De Funès)
Il y a dedans nous une personne
Il y a dedans nous personne
Personne ouvre et offre des vides
Tout le contraste d’un individu cadastral, propriétaire, enclos de ses certitudes.
Personne, avant tout un mot.
Personne, ce mot vide chargé, de toute l’énergie de la réversibilité, du renversement.
Le champ ouvert à la physique amoureuse des attractions.
Regarde dedans, personne dedans.
Personne dans nous.
Dans ce mot de « personne » un miroir sans image nous est tendu.
Dans ce mot une ardeur brûle qui ne se consume pas.
Personne est ton vis-à-vis invisible.
Tu le connais en aveugle
Miroir sans image
Il s’ouvre une ardeur, un déliage
Un déliement s’ouvre par le feu qui ne (se) consume pas.
samedi 5 septembre 2009
dates des ateliers et invitations aux lectures

le premier atelier a lieu le samedi 12 avec l'invitation d'apporter éventuellement des textes, récents ou anciens qui vous mettent en langue...en désir.
Les dates des ateliers de l'année sont les suivantes :
12 septembre, 10 octobre, 14 novembre, 12 décembre; 9 janvier, 6 février, 6 mars, pause avril, 8 mai et WE les 12/13 juin.
Gérard propose de lire:
Peut-on jouir du capitalisme? De Luis de Miranda chez max Milo ed
et Michèle suggère:
La sagesse du désir , yoga et psychanalyse de Christiane Berthelet Lorelle chez seuil
Voici un extrait
« A ouvrir le manque en l'autre, comme un gouffre, là peut commercer le vrai travail. Si nous tenions à nous substituer d'un point de vue imaginaire en tuteurs réparateurs, prisonniers de la « mère idéale » que nous voudrions représenter pour chacun, nous ne ferions que participer à l'illusion de pouvoir tout combler. Nous ferions du yoga une impasse, non un passage.
Or le yoga dénude. Et il y a un lieu, en soi, qui reste à jamais ouvert et béant, et c'est peut-être de là que Dieu nous parle...
Ce lieu-là, offert à la souffrance, à l'incomplétude, c'est celui qui nous pousse à communiquer, à nous aimer,à aller plus loin... Pourquoi ne pas le laisser ouvert?
« Dieu est proprement le lieu, disait Lacan, où, si vous m'en permettez le jeu, se produit le dieu – le dieur – le dire, pour un rien le dire ça fait Dieu. Et aussi longtemps que se dira quelque chose Dieu sera là »...
Entre yoga et psychanalyse, en sachant le reconnaître et le gérer, nous apprenons que le manque est la chance de l'ouvert, la cause du désir, la place pour de l'autre. Insoluble il ne se résout pas. Nous avons à nous résoudre à manquer! Dans ce sens, nous pouvons dire que le manque est résolution – résolution de maintenir en nous l'inconnu dont nous venons... la béance de l'infini. La chance de la rencontre... » page 53
dimanche 30 août 2009
Jardiniers, jardinières ;
le prochain atelier "toucher-parler" aura lieu de samedi 12 septembre
14-18H, 32 Grand-rue

"Souvent au quotidien le langage n’est que surface de platitude qui se mange froid. L’acculture réussi à nous faire avaler une langue qui ne nous touche plus, qui enferme dans un systémisme fonctionnel et immobilise dans ses stéréotypes. Ce pauvre algèbre binaire a l’avantage, par saturation immédiate de significations de rassurer à bon compte.
Dérisoire, tout signifie…tout et n’importe quoi. Blabla très signifiant : se la raconter et croire qu’on aime ça. Langue de morts, dévalorisée, dénoyautée. Quid de la place animale de combustion, de consumation de la langue ?
Au cœur de l’enjeu : la métaphore. Sans méta quoi ? phore ! Pas de toucher parler. T’es mort. La métaphore c’est dé-signifier.
Avant tout jouer, des turbulences de langues. Voilà le sillon à fertiliser cette année.
Questionner en acte : c’est quoi languer à l’origine ? C’est tripatouiller. Métaphores et tripatouilles. Un enfant joue, travaille sur les émergences, sur les articulations phonétiques, sur les vocalises qui engagent tout son corps, dans un rapport aux choses. Il donne de sa, ses (?) voix, échos à risque, tente sa chance, se rate, se relance.
Les ruptures de signification sont constantes.
Temps d’intervalles, d’appuis sur silence, vide, absent impliqués c’est à ce titre que la parole (en formation) est en constant éveil de sens. L’ébauche de nouveaux effets de langue peuvent surgir chez l’analysant comme s’il s’agissait d’autres langues. Invitation pour chaque membre de l’atelier, chacun votre style à tripatouiller en ce sens. Trouvez votre axe, vos accentuations. "GL
Partage du jour
fragment d'une peinture de Michel-Ange : la création de l'homme
2 mains vivantes, dansantes, désirantes, en route,
vont-elles se toucher ou pas ?
la densité de l'espace et de la distance entre elles,
les visages à découvrir, lire-deviner-respirer dans leur prolongement


